MIRÄJ
ya salam fi alsahara
Il existe des lieux qui semblent appartenir autant au rêve qu’au réel.
Le Sahara est de ceux la.
Pendant un mois, Marine Sevaistre a traversé seule le désert marocain, munie d’un appareil photo argentique et d’une caméra super 8. Elle a partagé le quotidien de familles touaregs, parcouru les dunes, attendu la lumière , accepté le temps lent imposé par le voyage et la pellicule.
MIRÄJ, le mirage est né de cette expérience.
A travers des photographies en couleur et en noir et blanc, ainsi qu’un film composé d’images super 8 tournées au cours de cette immersion, l’exposition ne cherche pas à documenter territoire ni a expliquer une culture. Elle propose plutôt le récit d’un regard. Celui d’une voyageuse qui découvre un monde dont elle ignore les codes et qui accepte de ne pas tout comprendre.
Dans ces images, le désert devient un espace de disparition et d’apparition. Les silhouettes se fondent dans le paysage. Les visages se dévoilent puis se dérobent. Les dunes semblent effacer les repères habituels pour laisser place a une autre perception du temps.
Le choix de l’argentique et du Super 8 participe pleinement de cette démarche. Chaque image est rare, chaque plan irréversible. Rien n’est corrigé, rien n’est répété. La photographie et le film deviennent alors des traces, des fragments de présence.
MIRÄJ est la première exposition de Marine Sevaistre. Elle y réunit non seulement les images d ‘un voyage, mais aussi les premiers jalons d’une écriture personnelle situé à la frontière du documentaire et de la mémoire, la ou le réel commence parfois a ressembler à un songe.
Voici la naissance d’un regard.